28 % de la population des plus de 18 ans, soit 14 millions de Français, sont éloignés du numérique. Un véritable handicap dans un contexte de numérisation croissante des activités où l’inclusion numérique est un sujet d’équité et d’égalité des droits.

La méthodologie utilisée

Le rapport de France Stratégie, organisme d’études et de prospective, d’évaluation des politiques publiques et de propositions, identifie et quantifie les bénéfices d’une meilleure maîtrise des outils numériques par la part de la population française qui ne les utilise pas dans la vie courante. Ce rapport se base sur l’hypothèse d’un déploiement d’une stratégie d’inclusion numérique visant à accompagner un tiers de la population cible sur dix ans.

Le constat

Dans un monde où le numérique est omniprésent pour les opérations les plus simples de la vie courante, l'absence de maîtrise de ce moyen de communication peut entraîner un risque d'exclusion. Les personnes éloignées du numérique forment deux catégories principales : les « non-internautes», qui ne se connectent jamais à internet (16 %) et les internautes qualifiés de «distants » (12 %), dont les compétences numériques sont faibles au point de ne pouvoir réaliser certaines opérations simples. Ainsi, les internautes distants ne sont que très rarement à même d'exploiter les potentialités d'internet dans leurs démarches administratives en ligne. Il s’agit majoritairement de personnes âgées de plus de 65 ans et de personnes peu diplômées.

Quels domaines sont concernés ?

Les bénéfices d’une meilleure autonomie numérique relèvent principalement de quatre grands domaines : l’économie numérique qui inclut les achats en ligne et l’économie collaborative, l’emploi et la formation, la relation avec les services publics, l’inclusion sociale et le bien-être via l’e-santé.

La relation avec les services publics

La possibilité de réaliser un certain nombre de démarches administratives en ligne, plutôt qu’en accueil physique ou par téléphone, est une source puissante d’économies pour l’administration et de bénéfices pour les usagers des services publics. L’administration pourrait alors économiser 450 millions d’euros annuels. Les citoyens, eux, y gagneraient en temps l’équivalent de 150 millions d’euros annuels.

Aujourd’hui, les Maisons de services au public accompagnent au quotidien les personnes qui le souhaitent dans leurs démarches administratives. Elles mettent à disposition des outils numériques et proposent un accompagnement pour leur utilisation. Ce type d’accueil pourrait être renforcé avec les sommes dégagées par le développement des services publics en ligne.

L’inclusion sociale et le bien-être

Internet permet de maintenir des contacts avec des proches et ainsi de rehausser le capital social. Ce constat touche plus particulièrement les personnes touchées par un handicap, les individus les plus éloignés géographiquement ou ceux socialement exclus. Or, le capital social joue un rôle très important : il permet de réduire le sentiment de solitude, de dépression et renforce le sentiment d’appartenance à la société. L’amélioration du capital social générerait l’équivalent monétaire de 150 millions d’euros.

Via l’e-santé, l’usage d’internet améliore l’accès aux soins ainsi que leur qualité et leur efficacité. En faisant l’hypothèse que l’accès au numérique permet d’éviter une consultation par an chez un généraliste, les économies potentielles pourraient atteindre 10 millions d’euros pour les patients et plus de 20 millions d’euros pour l’Assurance Maladie. De plus, l'utilisation d'internet permet un meilleur accès aux soins et une augmentation de leur qualité et de leur efficacité. Concrètement, les plateformes en ligne comme celle de Doctolib réduisent le délai et le coût d’obtention d’un rendez-vous et participent à une meilleure gestion des agendas des médecins en permettant de combler plus rapidement les désistements.

En additionnant les différents gains en dehors de l’amélioration du capital social, un plan d’inclusion numérique qui toucherait un tiers de la population cible sur dix ans, soit de l’ordre de 4,7 millions de personnes éloignées du numérique, pourrait représenter un gain de 1,6 milliard d’euros par an en moyenne sur cette période. Il serait cependant à mettre en regard du coût du plan lui-même que le travail présenté dans ce rapport ne quantifie pas.

L’offre de services de l’Assurance Maladie et de la Cramif

L’Assurance Maladie a développé depuis plusieurs années son offre de services en ligne afin de faciliter le quotidien de ses assurés. Elle propose ainsi de réaliser de nombreuses démarches en ligne sur Ameli et propose via son forum assurés un espace de discussion et d’entraide permettant aux internautes d’échanger en ligne sur toutes les questions qu’ils se posent en matière de droits et démarches.

La Cramif s’inscrit dans cette démarche en privilégiant le dialogue avec ses assurés afin de permettre un meilleur accès à leurs droits :

  • Via notre espace accueil, nous recevons les assurés pour les accompagner dans leurs démarches administratives. Celui-ci offre un espace libre-service pour les démarches simples grâce à des bornes multi-services (Ameli, Caf, Pôle emploi) et un espace conseil dédié à l’accompagnement et à un accueil plus personnalisé.
  • Notre offre de service dématérialisé propose la prise de rendez-vous en ligne pour rencontrer un conseiller invalidité ou, pour les allocataires amiante, le dialogue par webcam avec un technicien amiante.
  • Le Centre Médical Stalingrad offre désormais la possibilité de prendre les rendez-vous en ligne via Doctolib.
22/08/2018