Conférence enregistrée le 26 novembre 2025, lors du Salon des services à la personne et de l’emploi à domicile.

Stéphane Da Silva, ingénieur-conseil à la Cramif

Bonjour à tous et bienvenue à cette mini-conférence.

Ce matin, on va vous parler des aides techniques dans le secteur de l'aide à domicile.

Je me présente avant tout. Moi, je suis Stéphane Da Silva. Je suis ingénieur-conseil à la caisse régionale d'assurance maladie d'Île-de-France. La Cramif. Une des particularités de la Cramif, c'est que nous sommes là pour conseiller les établissements en matière de prévention des risques professionnels. Et nous accompagnons les établissements dans le développement de démarches de prévention des risques professionnels.

Avant de commencer, je vais vous donner un peu la situation dans le secteur de l'aide à domicile.

Quelques chiffres : il faut savoir qu'on a à peu près 2,5 millions de journées d'arrêt de travail dans ce secteur.

Ce qui représente en France à peu près 8 000 salariés.

8 000 salariés, à l'heure actuelle, sont en arrêt de travail dans le secteur de l'aide à domicile.

Un accident de travail moyen avec arrêt dans le secteur de l'aide à domicile, je vous parle des intervenants à domicile, c'est 90 jours.

C'est le nombre de jours moyen, 3 mois d'arrêt de travail pour un accident de travail.

Autres données que je donne, que je compare à des secteurs qui n'ont peut-être rien à voir, mais c'est important que vous le sachiez.

On a ce qu'on appelle des indicateurs, des indices de fréquence. Le secteur de l'aide à domicile, si on regarde nos statistiques au niveau national,il y a 2 fois plus de risques d'avoir un accident du travail quand on est une intervenante à domicile que quand on travaille sur un chantier du BTP.

Un salarié va être 2 fois plus accidenté qu'un salarié du BTP. Pareil pour la gravité des accidents. Le facteur est de 2.

Si on regarde le nombre de jours d'arrêt par millions d'heures travaillées,c'est un facteur de 2 par rapport au secteur du BTP.

Voilà pour la tendance de ce secteur-là.

Ce chiffre s'est croisé il y a une quinzaine, vingtaine d'années à peu près.

Il y a eu beaucoup de travail qui a été fait dans le secteur du BTP.

A l'heure actuelle, dans le secteur à domicile, le nombre d'accidents du travail et de maladies professionnelles ne fait qu'augmenter.

Ça ne s'arrête pas. On a beaucoup de déclarations d'accidents du travail avec arrêt, beaucoup de maladies professionnelles.

Maintenant on paye un petit peu les pots cassés des 20-30 dernières années où on a eu peut-être un peu moins de prévention de réalisée que maintenant.

Les chiffres explosent à l'heure actuelle.

La typologie des accidents du travail qu'on a, alors on vous a donné un petit guide qui est très bien fait de l'INRS.

Vous avez quand même quelques informations sur les 4 grands types d'accidents du travail dans ce secteur.

Le premier, ce sont tous les risques de TMS, les douleurs au dos et aux articulations.

Un des sujets, c'est d'adapter les équipements de travail pour essayer de limiter ou d'avoir de meilleures conditions de travail pour les intervenants à domicile.

Le deuxième risque que l'on a, c'est à peu près un quart des accidents.

Les TMS, tout ce qui est douleurs au dos et articulations, c'est près de la moitié des accidents du travail.

Un quart des accidents du travail, ce sont des chutes. On circule, on tombe dans les escaliers, on tombe dans le domicile. Ce sont les chutes.

Les accidents de la route, puisque les intervenants circulent. On a aussi un certain nombre d'accidents du travail sur la route.

Quand on va d'un bénéficiaire à l'autre, on peut mettre des choses en place.

Enfin, le quatrième, ce sont des aspects liés au stress, des incivilités qu'on peut rencontrer à domicile.

Là, vous avez 90 % des accidents du travail dans le secteur de l'aide à domicile.

Juste un petit mot sur les maladies professionnelles.

Pareil, maladies professionnelles, vous avez un chiffre. C'est 280 jours d'arrêt de travail par maladie professionnelle.

C'est le taux moyen indiqué dans cette brochure.

Le premier point, on va plus parler des aspects liés aux équipements de travail, justement les équipements dans le secteur de l’aide à domicile.

On va vous parler de ce qu'on appelle la démarche d'accompagnement à la mobilité, l'ALM.

Madame Gayet, ici présente, est l'experte au sein de l'INRS.

On va vous présenter ce qu'on appelle la démarche d'accompagnement à la mobilité, qui s'intègre dans le secteur de l'aide à domicile sans difficulté.

Carole Gayet, experte aide à la personne à l’INRS

Si on déroule, ALM c'est accompagner la mobilité de la personne aidée en prenant soin de l'autre et de soi.

Donc ce qui veut dire qu'on va surtout évoquer les problématiques de manutention de personnes.

On sait qu'à domicile on a d'autres risques liés aux manutentions, d'autres problématiques de TMS qui ont été notamment à l'entretien du logement.

Mais avec la démarche ALM on est surtout sur l'accompagnement de la personne dans ses déplacements.

Et autre chose, la démarche ALM elle agit sur, oui sur la prévention des TMS, mais aussi sur la prévention des chutes.

On est très content parce qu'on a vu que ça faisait partie des risques dans le secteur.

Prévention des chutes des personnes qui sont à domicile en l'occurrence.

Et, par la même occasion, prévention des chutes pour les intervenants qui vont essayer de rattraper les personnes en train de chuter.

Et, également cette démarche, parce qu'elle redonne du sens au métier et au pourquoi ces intervenants ont choisi ces métiers-là.

Elle permet aussi incidemment de prévenir les RPS.

Donc on est très content parce qu'en tant que préventeur, ça coche quand même pas mal de cases.

Accompagner la mobilité de la personne aidée en prenant soin de l'autre et de soi.

C'est initialement né dans le secteur sanitaire.Jean-Philippe Sabathé va vous expliquer ça tout à l'heure.

Mais ça fonctionne à domicile.

Parce que cette démarche elle suppose d'abord d'adapter l'environnement.L'environnement ça va être le domicile. Et il y a effectivement des outils. Petite distinction qu'on fait dans le cadre de la démarche ALM. C'est qu'on distingue, mais c'est uniquement dans le cadre de cette démarche. C'est pas des définitions qui sont gravées dans le marbre nulle part. C'est qu'on distingue les aides techniques à l'autonomie. Qui relèvent plutôt des ergothérapeutes, des rééducateurs. Ma collègue ici.

La démarche ALM, elle est plutôt sur ce qu'on appelle des outils d'aide au déplacement. Qui ne sont pas forcément les mêmes. Qui peuvent être les mêmes et qui n'ont pas nécessairement la même finalité.

C'est à dire qu'une aide technique à l'autonomie, l'idée c'est que la personne se serve de l'outil pour elle-même, seule.

L'outil d'aide au déplacement suppose une interaction entre l'intervenant et la personne qui est accompagnée.

Il y a une complémentarité absolue, ça c'est évident.Juste pour cette distinction-là.

Donc, parmi les outils d'aide au déplacement qu'on imagine parfaitement à domicile, si besoin, c'est toujours pareil. Ça va être déjà, par exemple, un lit médicalisé. Ça, c'est absolument envisageable d'avoir, si besoin, un lit médicalisé à domicile.

On peut imaginer d'avoir un lève-personne à domicile.Si besoin, toujours pareil. On va revenir sur l'analyse du besoin.

Vous avez des fabricants, aujourd'hui, qui sont tout à fait capables d'installer des portiques à domicile. Évidemment il faut que le logement le permette, la configuration.Il faut quand même qu'on soit dans un cadre propice.

Mais c'est absolument imaginable d'avoir, par exemple, un lève-personne sur un rail, sur un portique, dans un domicile.C'est absolument possible.

Si on revient au point de départ, qu'est-ce qui va justifier l'intégration de ces outils-là ou du besoin d'installer ces outils-là à domicile ? Ça va déjà être d'identifier que la personne qui est accompagnée va avoir besoin, dans ses déplacements, d'être sécurisée.Et d'avoir davantage de bien-être que si je l'accompagne sans ces outils.

Et c'est là où la démarche ALM prend tout son sens.

C'est-à-dire que cette démarche, par rapport à ce qui est fait aujourd'hui, les aidants et les soignants sont formés de telle façon qu'on leur apprend,si la personne ne réussit pas à faire seule son déplacement, à se substituer intégralement à elle dans son déplacement, dans son entièreté.

La démarche ALM consiste à acquérir de nouvelles connaissances qui sont de décortiquer, d'avoir la connaissance des différents mouvements qui constituent chacun des déplacements que fait spontanément un être humain, tel qu'il les a acquis dans son développement psychomoteur depuis qu'il est né jusqu'au moment où il se met à marcher.

Ce qui veut dire concrètement qu'au lieu d'accompagner un déplacement complètement à la place d'eux, je ne vais venir accompagner que le ou les mouvements que la personne ne réussit pas à faire seule.

Ce qui veut donc forcément dire que je dois, en tant qu'intervenant, en tant que professionnel, je dois nécessairement avoir la connaissance de ces éléments-là, de ces mouvements-là, pour pouvoir identifier si la personne est capable de les réaliser et pouvoir surtout déjà lui demander de les réaliser, si dans un premier temps elle n'arrive pas à faire le déplacement toute seule.

Et c'est seulement à partir de là que je vais envisager un accompagnement qui ne sera pas en première intention nécessairement un accompagnement avec un outil.

C'est-à-dire qu'un accompagnement peut être par exemple déjà verbal. Peut-être que la personne peut avoir des capacités physiques, peut-être qu'elle a toutes ses capacités physiques, amoindries peut-être, ses capacités physiques à réaliser un déplacement à un moment donné, mais peut-être qu'elle a simplement perdu le schéma corporel et donc il va falloir que verbalement, je lui demande, je lui donne la consigne de réaliser chacun des mouvements qui constituent le déplacement qu'on est en train d'accompagner.

Ça peut être une option.

Peut-être que, parmi les mouvements que la personne ne réussit pas à faire, le ou les mouvements que la personne ne réussit pas à faire, peut-être que je vais pouvoir proposer un accompagnement physique,une manutention de la part de l'accompagnant, mais qui ne sera pas délétère pour sa santé.

C'est-à-dire qu'on ne supprime pas, l'idée c'est pas de supprimer toutes les manutentions,mais uniquement les manutentions qui seraient délétères pour la santé et la sécurité de l'intervenant.

Parce que l'idée, bien évidemment, c'est quand même de rester dans la dimension du soin et du prendre soin.

Donc l'idée c'est quand même de toujours entretenir les capacités que la personne a encore et en tout cas aussi longtemps qu'elle les a et qu'elle les aura.

Donc éventuellement peut-être que je vais pouvoir lui proposer dans un des mouvements qu'elle ne réussit peut-être pas à faire au moment où je l'accompagne, une manutention mais qui ne sera pas délétère pour ma santé professionnelle.

Et, en dernière intention, s'il s'avère que la personne ne réussit pas à faire un ou plusieurs mouvements et que je ne peux pas l'accompagner sans risquer de me mettre physiquement en danger,c'est seulement à ce moment-là que je vais intégrer un outil d'aide qui va pouvoir être, par exemple, un lève-personne ou peut-être simplement intégrer une des fonctionnalités d'un lit médicalisé que j'aurais choisi avec les fonctionnalités qui vont bien.

Mais bon, peut-être que je ne vais pas tout d'un coup et on va peut-être y revenir progressivement.

Mais l'outil n'arrive que in fine et en tout cas il prend du sens. Dans le cadre de la démarche ALM, l'idée c'est de véritablement permettre à l'intervenant d'identifier à quel moment il va devoir intégrer l'outil toujours dans l'idée de préserver les capacités de la personne qui est accompagnée et pour autant sans se mettre lui-même en danger.

Et l'outil fera d'autant plus sens, ça aussi c'est une grande différence par rapport à ce qui existe aujourd'hui, c'est-à-dire qu'aujourd'hui on est dans l'idée de dire : "Il faut utiliser l'outil"mais sans véritablement être capable d'expliquer pourquoi est-ce que ça fait sens et pourquoi est-ce que ça serait plus sûr et pourquoi est-ce que ça serait plus confortable ?

L'idée aujourd'hui c'est vraiment d'être capable d'identifier : "Pourquoi je dois intégrer cet outil-là ? Comment est-ce qu'il va apporter de la sécurité, du confort et tout autant maintenir l'autonomie le plus longtemps possible sans que ça soit dissociable ?"

Stéphane Da Silva, ingénieur-conseil à la Cramif.

Je vais laisser aussi la parole à M. Sabathé, qui nous accompagne dans la démarche dans le cadre du déploiement de l'accompagnement à la mobilité, et justement de nous justifier, en fait,comment on peut développer la mise en place de cette démarche dans le secteur de l'aide à domicile et quel est l'intérêt aussi pour nos intervenants à domicile justement d'aller dans cette démarche ?

Jean-Philippe Sabathé, responsable prévention à l’Hôpital Paris Saint-Joseph

Alors effectivement, si on reprend un petit peu les propos qu'on vient déjà d'entendre, on voit qu'évidemment c'est un secteur qui est très sinistré.

Ce qui est dramatique, c'est de se dire que quand j'ai commencé à travailler il y a 40 ans, c'était à peu près 35 % les accidents liés à la manutention des personnes,pour faire simple, dans notre secteur et tout secteur d'activité. Aujourd'hui, on est plutôt à 50 %.

Ce qui montre quand même une chose, c'est que dans nos pratiques, il y a quelque chose qui ne va pas, c'est qu'on arrive juste à faire pire que l'année d'avant.

Donc là, fort de ce constat, à un moment donné, cette action ne change rien, à un moment donné, on ne va pas aller vers la bonne destination.

Alors, les deux réponses en même temps en termes de prévention, et ça s'applique à tous les secteurs et dans le domicile, étaient construites globalement pour l'intervenant des techniques de portage, c'est d'apprendre à comment bien porter avec toutes les formations associées, type geste et posture,ou équipements qu'on peut mettre sur les soignants, dans une idée de pouvoir déplacer en portant une personne.

Alors ça, on sait depuis maintenant près de 30 ans, avec un consensus, que ça ne fonctionne pas.

Et pourtant, c'est la réponse qui est toujours faite aujourd'hui, majoritaire, en termes de propositions et entre autres pour le secteur,pour aider ces personnes dans la mobilisation des personnes, c'est d'aller apprendre des techniques de portage.

Et puis, l'autre voie était, même si le secteur à domicile était un petit peu en retrait, mais on va pouvoir aussi le retrouver pour certains points,centrer sur des outils. Et là, l'outil ne passe pas bien. Il ne passe pas bien au niveau des familles, il ne passe pas bien au niveau des bénéficiaires, il ne passe pas bien même des fois pour les professionnels. Pourquoi ? Parce qu'ils ont l'impression de déplacer une charge.

Au vrai sens premier, la personne est considérée comme une charge à déplacer et ça, ça ne fonctionne pas bien.

Donc, fort de ce constat, on s'est dit que la réponse ne pouvait pas être centrée sur l'un ou sur l'autre et pour autant intégrer les deux.

Oui, on a besoin de faire du soin. La mobilisation, c'est bien du soin, en premier. Et même pour un intervenant, et s'il n'est pas soignant,on rentre dans cette définition d'accompagner et de faire une prise en charge qui va permettre évidemment la réalisation d'un déplacement en sécurité,en confort, fait par un professionnel. La seule limite qu'on va y mettre, dans la démarche ALM, c'est qu'à aucun moment, à aucun moment,l'intervenant doit être exposé à un port de charge qui soit délétère pour sa santé. Et port de charge, on va voir que symboliquement, il va être très vite réduit vu qu'on va estimer en gros le port de charge acceptable à deux doigts. Ce n'est pas deux bras musclés de l'intervenant. Ça va être deux doigts.

Alors là, je vous vois dubitatifs. C'est normal. Comment faire de la manutention de personne à deux doigts ? J'y crois pas. J'y crois pas.

Alors en même temps, c'est logique de pas à y croire pour le moment. En tout cas, et pourtant, toute la démarche qui va vous être proposée,ça va être en même temps cette capacité à faire une évaluation de la capacité des bénéficiaires à réaliser déjà lui-même son déplacement.

Et comme l'a dit Mme Gayet, ça va être aussi de remettre un environnement qui soit favorable. On a parlé du lit. On pourrait parler aussi tout simplement du fauteuil.

Le bénéficiaire qui est assis dans son fauteuil et dont on sait que les caractéristiques du fauteuil ne vont pas lui permettre de se lever ou de s'asseoir.

On voit que simplement agir en informant la famille ou le bénéficiaire dans un choix de fauteuil qui va lui permettre de trouver les appuis qui vont lui permettre de se lever et de s'asseoir. Évidemment, c'est déjà rendre l'environnement favorable. Ça, c'est déjà généralement, en tout cas, ou ça le devrait, être accompagné.

Nos collègues ergothérapeutes le font déjà dans l'aménagement du domicile, de rendre cet aménagement favorable.

Donc ça, on laissera la parole aux ergothérapeutes pour nous présenter toute leur démarche. Et à un moment donné, il y a le basculement qui fait que,oui, mais là, dans la prise en soin, cette fois-ci, du bénéficiaire et dans sa mobilisation, c'est plus suffisant.

Et le plus suffisant, c'est là où on fait venir un professionnel.

Et c'est là où on va nous faire en sorte, cette fois-ci, réseau prévention, de questionner, entre guillemets, le travail du professionnel et non pas le professionnel en lui-même.

Toute la démarche ALM, attention, c'est de dire on prend le professionnel tel qu'il est. On ne sélectionne pas les professionnels. Vous n'allez pas chercher les joueurs de rugby, de l'équipe de rugby de la ville.

Ce n'est pas parce qu'ils sont forts et costauds qu'ils vont être protégés pour faire de la prise en charge au domicile. Là, ça va être qu'on va questionner le travail, la prise en charge.

Et dans le "Questionner le travail", évidemment qu'il y a cet environnement. Et puis à un moment donné, si on veut ne pas exposer nos professionnels à ce fameux port de charge, l'étape d'après, cette fois-ci, c'est : "Quels sont ces fameux outils que je vais devoir mettre à disposition du professionnel, au bénéfice de la personne qui va prendre en charge,et qui vont répondre à un objectif, c'est supprimer ce port de charge ?"

Donc c'est là où, en fonction des déplacements qui vont être réalisés, il va y avoir un panel.

Et cette fois-ci, tel que l'a dit Mme Gayet, d'outils d'aide dans l'idée d'outils d'aide au professionnel, à l'intervenant. Pourquoi ? Parce que c'est lui qui va les piloter ces outils.

Là, ce n'est pas le bénéficiaire qui pilote ces outils. C'est bien l'intervenant qui va devoir le piloter. Donc on va avoir des outils qui vont être, dans un premier temps, peut-être assez simples,que vous connaissez déjà. Par exemple, tout ce qui est surface glissante pour pouvoir déplacer en glissant les résidents dans un lit. Les résidents ou les patients ou les bénéficiaires.

Il y a un petit côté sanitaire. Donc des fois, voilà, ne m'en voulez pas par rapport aux terminologies, mais la démarche s'applique évidemment pour tous.

Ça veut dire que je mets cet outil, cet équipement, là cette fois-ci, pour la personne qui va intervenir, comme étant son outil de travail.

Donc c'est bien le travail qu'on va questionner et les outils de travail. Donc cette fois-ci, c'est là où ça va être un outil qui va permettre de réaliser le déplacement en confort et en sécuritépour la personne qui est prise en charge et en même temps, on offre cet outil de travail. Et c'est là où dans le soin à domicile ou dans l'intervention à domicile, il faut qu'il y ait en même temps ces équipements qui soient présents.

C'est un gage de qualité dans l'offre que l'on va faire. C'est un gage de sécurité, de respect de l'un et de l'autre, de l'intervenant et du bénéficiaire.

Donc ces équipements doivent être présents.

On ne doit pas avoir peur, entre guillemets, de les proposer, voire de les mettre en œuvre quand il va nécessiter, du fait de l'évaluation qu'on aura fait des capacités du bénéficiaire à réaliser ou pas son déplacement.

Et à un moment donné, ces équipements doivent être présents. Si on veut que le secteur soit attractif, si on veut protéger nos jeunes ou même nos anciens, tous nos intervenants, on se doit, oui, de les protéger en supprimant ce port de charge.

Donc on se doit d'offrir, cette fois-ci, des équipements, mais qui vont être expliqués, qui vont redonner du sens, on va les comprendre. On parle par exemple de lève-malade ou de dispositifs de rails sur portique, ça peut faire peur.

Ce qui est logique. En même temps, on dit : "Mais ce n'est pas ça que j'ai envie d'avoir à la maison. Je n'ai pas envie d'une prise en charge comme ça." La famille même peut se dire : "Mais c'est quoi votre truc ?

On n'est pas au rayon boucherie, c'est quoi vous nous mettez une installation qui fait que ce n'est pas ce qu'on a envie de voir." Et pour autant, la réponse va être plutôt de dire : "Si vous souhaitez que votre proche reste à domicile et qu'en même temps, l'intervenant lui aussi puisse être protégé dans la réalisation et l'accompagnement qu'il va faire, on se doit d'équiper votre environnement et on se doit, dans ce cas-là, de vous montrer en quoi cet équipement a un sens pour votre proche.

Pour lui permettre, au contraire, de favoriser son maintien au domicile, de favoriser en même temps son autonomie." Et quand rien, au contraire, c'est un équipement qui va aggraver sa dépendance.

Très souvent, c'est vu dans ce sens-là. Et par contre, évidemment, si ce n'est pas accompagné, si les intervenants ne sont pas formés, on pourrait aller vers ce travers, en fin de compte, de voir cet équipement comme étant simplement un équipement qui, au contraire, va favoriser la dépendance.

Voilà, donc c'est pour ça qu'il ne faut pas en avoir peur, entre guillemets. On pourra échanger peut-être avec vous juste après. Mais en tout cas, c'est bien l'objectif qu'il est bien d'aller questionner le travail de nos intervenants, modifier leurs pratiques actuelles pour en même temps les protéger et en même temps protéger aussi les personnes qui sont prises en charge.

Stéphane Da Silva, ingénieur-conseil à la Cramif

Mme Dony, vous intervenez dans le secteur de l'aide à domicile, auprès des familles.

Notre question, c'est comment... justement on parle des aides techniques,comment on intègre ces aides techniques dans les domiciles ? Quels sont les matériels pouvant être mis à disposition ? Et nous donner un petit mot,les freins qu'on peut rencontrer aussi quand on intervient à domicile, justement, pour proposer des solutions.

Isadora Dony, ergothérapeute à la Cramif

Alors effectivement on vous parle depuis le début de la conférence sur des aides techniques et peut-être que certains en connaissent, le drap de glisse, les guidons, les lève-personne, et il y en a un certain nombre qu'on ne connaît pas forcément.

Si je vous parle d'une sangle MULTIWAY®, ça ne va pas forcément vous parler comme ça, spontanément, par exemple.

Donc, pour être dans une version un petit peu plus pratique, pour vous permettre de connaître l'ensemble des aides techniques, l'Assurance Maladie a élaboré un guide des aides techniques où l'Assurance Maladie a recensé l'ensemble des aides techniques qu'elle trouve efficaces, qu'elle trouve qu'elles font leur job.

Et qu'elles apportent quelque chose à la fois pour, alors pas pour l'autonomie de l'usager ou du bénéficiaire puisque c'est pas l'objectif totalement, mais on en parle quand même un peu, mais surtout du soutien pour le professionnel.

Donc ce sont, si je vous le montre un petit peu ici, ce sont des fiches pratiques qui ont deux notions.

Elles vous expliquent à quoi sert l'aide technique et elles vous expliquent en quoi elle vous protège, elle est aidante en évitant les forces de frottement, en réduisant le poids de la personne à porter, etc.

Et dans un deuxième temps, elles vont vous donner des critères de choix parmi tous les modèles existants.

Parce qu'on a deux options. On peut choisir la bonne aide technique et le modèle n'est pas le modèle qui va convenir au niveau de la configuration de l'environnement.

Un lève-personne, qui est quelque chose de très connu, a une embase qui est très importante, qui dans certains environnements ne va pas fonctionner.

Donc on va peut-être partir sur autre chose.

Donc ça c'est le premier élément pratique qu'on peut vous apporter pour connaître ces aides techniques là.

Pour autant, ce type de guide là ne vous permet pas d'être totalement dans une démarche ALM.

Elle vous indique ce que ça apporte, elle ne vous permet pas d'analyser les capacités et les incapacités de la personne pour pouvoir choisir la bonne aide technique.

De notre point de vue à nous quatre, je pense qu'on sera assez d'accord là-dessus, pour pouvoir connaître la démarche ALM, il faut être en formation. Il faut former.

J'ai fait une formation de deux jours hier, je vais vous parler des miennes, je laisserai M. Sabathé parler de la sienne dans tout ce qui est l'analyse.

Ces déplacements spontanés que vous avez vus là, le fait de prendre quatre points d'appui pour se rehausser dans le lit, vous le faites toutes et tous, tous les soirs quand vous vous couchez pour vous replacer.

Si je vous mets sur un lit et que je vous pose la question : "Guidez cette personne qui est sur le lit pour se rehausser", la plupart du temps, vous serez incapable de lui dire ce qu'il faut faire pour pouvoir le faire.

C'est normal, c'est quelque chose que vous avez appris quand vous étiez petits... [problème de micro].

Donc c'est quelque chose qu'on a appris quand on était petit avec des essais-erreurs, on l'a mémorisé, notre corps sait très bien le faire et nous on n'en a pas du tout conscience.

Si on devait penser à chaque fois qu'on marche comment on marche, on se casserait la figure.

Donc il faut réapprendre ce déplacement spontané là et c'est en réapprenant ce déplacement spontané là qu'on va pouvoir sortir du tout ou rien.

La personne est capable de faire, je la laisse faire, elle n'est pas capable de faire, je fais tout à sa place, ce qui est encore les habitudes actuelles.

Elle a un bras qui fonctionne, elle a une jambe qui fonctionne, je vais m'appuyer sur ce bras et sur cette jambe qui fonctionnent.

Par exemple, un hémiplégique a la moitié du corps qui fonctionne, on peut l'utiliser.

Ça, ça s'apprend.

Et du coup les aides techniques, on les intègre dans cette conscience là de qu'est-ce que l'aide technique compense et qu'est-ce que l'aide technique maintient dans les capacités.

Un guidon de transfert maintient la capacité de la personne à se tenir debout.

Un lève-personne, non.

Si on la met directement sur un lève-personne, elle va perdre cette capacité à se tenir debout.

Et on peut vraiment se poser la question : est-ce qu'on est dans une profession de soins, est-ce que l'on soigne la personne quand on lui fait perdre les quelques capacités qui lui restent ou un certain nombre de capacités qui lui restent ?

C'est un petit peu ça l'idée, enfin c'est tout aussi ça qu'ont dit mes collègues sur la démarche ALM.

Et donc dans les formations, on peut vous proposer, par exemple au service d'Escavie de la Cramif, une formation d'un jour sur Paris qui va vous former à un certain nombre d'aides techniques à savoir utiliser.

Une formation de 2 jours sur le site d'Escavie77 qui est donc dans la Seine-et-Marne où on va intégrer le déplacement spontané et les aides techniques dans une progression, dans une continuité pour savoir les évaluer.

Et du coup je vais passer la main à monsieur... oups, le nom de monsieur, voilà, Sabathé, j'allais dire Jean-Philippe,sur la formation que de son côté il propose, peut-être qu'il y aura la vôtre aussi ou la tienne derrière.

Jean-Philippe Sabathé, responsable prévention à l’Hôpital Paris Saint-Joseph

Donc en complément, on partage complètement l'approche.

Là-dessus, il n'y a aucun souci.

Et donc, en même temps, la proposition qu'on peut faire sur Saint-Joseph, mais qui est reprise globalement dans les démarches PRAP 2S ALM portées par l'INRS, cette fois-ci, c'est aussi d'apporter plutôt aux structures,cette fois-ci, qui emploient tous les intervenants à domicile,de pouvoir mettre en place une démarche de prévention.

Et c'est plutôt cette cible-là. C'est de se dire comment je vais pouvoir accompagner et former mon personnel.Dans le "accompagner", ça va être en même temps faire cette évaluation de tous les besoins que l'on peut avoir,aussi bien en aide technique qu'en outils d'aide.

Et puis, en même temps, évidemment, on l'a vu,il faut impérativement que les personnes qui interviennent soient formées évidemment sur cette démarche,qui, pour nous, est importante.

C'est une vraie démarche de soin,telle que ça a été très bien dit précédemment.

On fait bien cette évaluation des capacités.

L'objectif, c'est bien de les favoriser,les valoriser, ces capacités.

Si mon patient ou bénéficiaire peut encore plier une jambe,oui, je vais évidemment faire en sorte que cette jambe pliée serve à quelque chose dans son déplacement.

Et on va bien l'inciter, et surtout pas faire à la place d'eux.

Donc là, les formations proposées en PRAP 2S, ALM, forment aussi bien des référents qui vont être en même temps des conseils à leurs structures,et en même temps aussi des formations d'acteurs, s'il y a nécessité, par rapport aux intervenants, pour qu'ils comprennent cette démarche d'évaluation.

Ça prend un peu de temps,ça ne peut pas se faire en 5 minutes dans un couloir.

Ça nécessite cette compréhension de la connaissance du déplacement.

Et c'est bien la connaissance du déplacement qui va permettre de faire de l'évaluation et en même temps d'accompagner, de guider dans la réalisation du déplacement, puis évidemment d'intégrer, si nécessité, les outils.

C'est pour ça qu'on voit que ça ne peut pas se faire aussi simplement.

Ce qu'on aimerait en même temps,c'est que tout ça soit ancré directement dès les formations initiales.

C'est pas forcément encore le cas.En tout cas, pas pour toutes.

Il y aurait encore, sans aucun doute,un petit peu à progresser sur le sujet pour faire en sorte, dès la formation initiale,de protéger l'ensemble de nos professionnels intervenant dans tous nos secteurs.

Carole Gayet, experte aide à la personne à l’INRS

Le dispositif de formation proposé par le réseau prévention sur le domicile, c'est surtout aide et soins à domicile.

Il y a une formation d'acteurs prévention à domicile. C'est une formation de 3 jours.

Il suffit de se renseigner. Ce sont des organismes habilités par le réseau prévention.

L'intérêt de cette démarche, elle a aussi tout son sens à domicile pour les aidants familiaux.

Si vous visionnez les films dont on vous a parlé, la série de 10 films, vous avez un des films qui avait été volontairement filmé dans une situation de domicile où l'aidant familial est sollicité et impliqué dans l'accompagnement du déplacement de la personne.

Parce que, bien évidemment, ça peut aussi avoir cet intérêt.

Pour trouver des informations sur les aides techniques, il faut que vous identifiez le CICAT, centre d'informations et de conseils sur les aides techniques de votre proximité.

Voilà le nom que ça porte.

Sinon, vous avez ce qu'on appelle, depuis quelques temps, les équipes EqLAAT.

C'est à dire qu'à défaut d'avoir un lieu fixe avec des aides techniques et des ergothérapeutes, vous avez des équipes mobiles auxquelles on peut faire appel et qui peuvent se déplacer.

IsadoraDony, ergothérapeute à la Cramif

Je peux prendre le relais parce qu'effectivement, le service escalier de l'assurance maladie est à la fois CICAT et éclat.

Je peux prendre le relais parce qu'effectivement le service Escavie de l'Assurance Maladie est à la fois CICAT et EqLAAT.

Quand on vous propose en fait que les professionnels de soins montent en compétence dans l'analyse de la situation et dans la connaissance des aides techniques, ils vont connaître essentiellement les aides techniques qui vont servir à leur pratique mais ils ne vont pas forcément avoir non plus le temps de connaître les différents modèles.

On peut se dire c'est ça qu'il faudrait, c'est ce type de guidon ou de lève-personne verticalisateur mais ça ne fonctionne pas dans cette famille-là alors que dans une autre ça fonctionne très bien.

Connaître les aides techniques, être à jour de tout ce qui se met en place, ça c'est le rôle de l'ergothérapeute.

Et donc c'est un travail toujours en binôme de nous les ergothérapeutes qui intervenons sur un temps T et les professionnels de soins qui sont là tous les jours pour pouvoir identifier à la fois l'aide technique et le meilleur modèle.

Pour trouver des ergothérapeutes, vous avez effectivement dans certaines régions des CICAT qui ont des centres d'information et de conseils en aides techniques qui ont un showroom qui vont permettre d'essayer en toute neutralité les aides techniques et surtout de les comparer.

On pensait qu'avec cette personne, un lève-personne verticalisateur allait fonctionner.

On fait l'essai, ça ne fonctionne pas avec un modèle, avec un deuxième modèle, et bien on sait que ça ne fonctionne pas avec cette personne mais on a à côté le lève-personne pour pouvoir faire essayer le lève-personne et voir que là, pour le coup, ça fonctionne. C'est suffisamment sécure.

Les EqLAAT, encore à ce jour, il n'y en a pas dans toutes les régions ni tous les départements.

C'est cette idée d'aider à l'adhésion des aides techniques en les mettant à domicile à peu près pendant une semaine dans tout ce qui peut se déplacer au domicile justement pour pouvoir aider à l'adhésion de la personne, de la famille et des professionnels.

Donc ça fonctionne assez bien. Après vous avez aussi des ergothérapeutes en libéral et un petit peu partout pour en trouver.

Des aides techniques, il y a des nouveautés très souvent, des améliorations, des réflexions.

Chacun son travail pour pouvoir se mettre à jour et être bien dans sa connaissance.

Mais travailler en partenariat, c'est toujours ce qui fonctionne le mieux de notre point de vue.

Je pense du vôtre aussi.

Carole Gayet, experte aide à la personne à l’INRS

Oui, pardonnez-moi, puisqu'on en est là, il y a aussi des choses que je voudrais affirmer haut et clair, qu'on vous décommande.

Vers lesquelles on vous décommande d'aller.

On ne veut pas que vous y alliez pour votre bien, pour votre santé et pour celle de ceux que vous accompagnez.

On ne veut pas que vous alliez vers des formations gestes et postures. Gestes et postures, on n'a pas forcément le temps de rentrer dans le détail, de vous expliquer.

Mais gestes et postures, c'est une imposture. Donc n'allez pas vers du gestes et postures. Si on vous propose une formation gestes et postures, mieux vaut que vous ne fassiez rien,plutôt qu'une formation gestes et postures. Gestes et postures, c'est on met de l'argent par les fenêtres et en plus on vous expose à des accidents du travail et des maladies professionnelles à coup sûr.

Donc gestes et postures, on oublie. Si vos structures, si vous êtes dans des structures où on vous propose d'aller vers des formations de ce type là, vous dites non, je n'en veux pas, je n'irai pas, ça ne servira à rien du tout.

Ça va être de l'argent, après vous appelez la Carsat, vous appelez le CICAT, vous appelez qui vous voulez, mais en tout cas vous refusez de faire ces formations là, ça n'a aucun sens.

Ça c'est la première chose. Deuxième chose, il y a aussi des équipements vers lesquels on ne veut pas que vous alliez.

Qui peuvent être techniques ou par exemple, ce que vous allez peut-être croiser ou que vous avez peut-être déjà croisé, c'est par exemple la blouse COALA.

Je ne sais pas si c'est quelque chose que vous avez déjà croisé, dont vous avez déjà entendu parler, mais si ça arrive, surtout vous changez de chemin.

Ce n'est pas la peine d'investir là-dedans, ça veut dire qu'on utilise le professionnel comme un outil de levage. Le professionnel c'est un professionnel, c'est un accompagnant, ce n'est pas un outil de travail.

L'outil de travail c'est l'outil que je vais intégrer, que ce soit une aide technique, que ce soit un lève-personne, un outil d'aide au déplacement, c'est autre chose.

Mais ça ne va pas être le professionnel, la variable d'ajustement ne peut pas être lui.

Il y a d'autres équipements que vous allez potentiellement croiser, c'est la ceinture de transfert, c'est pareil, on oublie.

Le soignant n'est pas un outil de levage.

Vous allez potentiellement aussi croiser ce qu'on appelle le Raizer®, qui est un machin qui supposément aide à relever du sol quelqu'un qui vient de se casser la figure et qu'on va remettre en position où il risque une seule chose, c'est de retomber.

Et en plus ça coûte une fortune.

Donc c'est pareil, il y a des trucs, vous pouvez faire des économies, ou bien vous prenez conseil auprès de professionnels qui vont vous accompagner judicieusement dans le choix des équipements, qui vont effectivement apporter de la sécurité, du confort, du bien-être, du respect à l'un comme à l'autre.

Prenez conseil, allez vers des gens qui ont ces connaissances.

Stéphane Da Silva, ingénieur-conseil à la Cramif

Est-ce que vous avez quelques questions ? Quelqu'un veut-il se lancer ? Ah, il y a un monsieur. Allez-y.

Personne du public

Bonjour à tous. Mickaël Pasquier. Je représente la société Vyv Équipement Médical. J'ai bien écouté tout ce que vous avez dit.On est spécialiste dans le matériel. Vous parlez de supports, d'outils. C'est très très juste. Après, il faut, comme vous le dites, bien utiliser les produits par rapport à la pathologie de la personne, à la chute, au transfert qu'on doit faire.

Mais il ne faut pas oublier, nous, ce qu'on fait sur la formation autour des équipes, c'est l'accompagnement autour du transfert et de l'aide technique. C'est vraiment casser la barrière du matériel et de se rapprocher de la personne transférée pour privilégier la démarche de soin. C'est vraiment important. On passe à travers la plupart du temps et on se rend compte, nous,sur la formation des équipes, que les gens, les manipulateurs et les aidants ont aussi des fois des peurs sur l'utilisation d'un produit qu'ils ne maîtrisent peut-être pas assez.

Donc vraiment casser cette barrière-là et surtout privilégier le contact humain parce que le métier, c'est aussi ça.

Carole Gayet, experte aide à la personne à l’INRS

À juste titre, ils ont des réticences. Si on ne sait pas intégrer un outil mais qu'on ne fait que l'utiliser, effectivement, ça peut être un carnage.

Personne du public

Merci. Je rebondis sur le Raizer® parce que vous avez stipulé le Raizer®.

C'est un produit que nous on met en avant. Par contre, on ne le met pas n'importe comment.

On oblige le personnel et les utilisateurs à suivre une formation et l'information sur l'utilisation du produit et la démarche autour de la personne transférée. C'est important.

IsadoraDony, ergothérapeute à la Cramif

Oui. Sur l'idée qu'une aide technique proposée par un fabricant est valable ou pas valable, on peut aussi avoir des avis différents dedans.

Mais ce qui est important, et je rebondis sur la notion, c'est de personnaliser. De dire qu'à chaque fois que quelqu'un chute, c'est ce genre d'outil qu'il faut, pas forcément.

C'est le fait de vouloir globaliser, me semble-t-il, qui fait que les aides techniques ne vont pas être efficaces.

Il y a forcément un environnement particulier, une personne particulière dans ses capacités et incapacités et un professionnel qui, encore à ce jour, parce qu'on n'a pas atteint nos objectifs, a peut-être des blessures à gauche et à droite. Donc l'aide technique unique, la même pour tout le monde, ça ne fonctionnera jamais.

Stéphane Da Silva, ingénieur-conseil à la Cramif

Est-ce qu'on a encore quelques questions ?

Madame, ici présente.

Personne du public

Moi je ne connais pas encore très bien le secteur. C'était juste pour savoir, quand on propose une aide technique à l'autonomie de la personne qui est à domicile. Est-ce qu'il y a une aide au cofinancement ? Comment elle est aidée ?

Et du coup, deuxième question, et comment ça se passe pour les outils d'aide au déplacement, qui sont plutôt à destination de l'aidant ou de l'intervenant ?

Isadora Dony, ergothérapeute à la Cramif

Je pense avoir compris la première. La deuxième, c'est aussi une question de financement.

Les financements, c'est une bonne question. Il y a à ce jour encore différents chemins.

Donc l'intérêt, c'est de connaître l'ensemble des chemins et les ergonomes connaissent bien l'ensemble des chemins pour que les préconisations qu'ils font arrivent au bout.

Vous allez avoir des aides techniques qui vont avoir un remboursement sécurité sociale à l'achat ou à la location.

Donc celles-ci, on va les connaître. Par exemple, le lève-personne, le lève-malade-verticalisateur, tout ça ont un système de location ou d'achat à peu près à 100 %.

Vous allez avoir un certain nombre d'aides techniques que l'Assurance Maladie, pour l'instant, ne finance pas.

Un petit peu à mon regret, parce que fortement conseillé, utilisé et préconisé par les ergothérapeutes.

Alors dans ces cas-là, on a deux options. Soit ça va être une aide technique qui est suffisamment volumineuse, identifiée, personnalisée et les financements doivent être au nom de la personne parce que ça va rester chez elle.

Je prends l'exemple d'un siège de bain pivotant. C'est assez volumineux pour ceux qui voient ce que c'est. On ne va pas demander à un professionnel de le porter sur son dos et d'aller d'un domicile à un autre.

D'autant qu'on a des petites histoires de hauteur en fonction des modèles et donc des personnes et donc en fonction de l'environnement.

Donc à ce moment-là, les financements sont recherchés par la personne pour qu'elle devienne propriétaire de cette aide technique.

Ça va être essentiellement les MDPH pour les personnes relevant des MDPH et ça va être l'APA, l'allocation personnalisée d'autonomie et la conférence des financeurs pour les personnes plus âgées qui n'ont pas pu rentrer dans les critères de la MDPH (MDPH - maison départementale des personnes handicapées) avec l'onglet PCH (prestation de compensation du handicap).

Par contre il y a des aides techniques qui sont à destination du professionnel, que le professionnel peut déplacer d'un domicile à l'autre ou d'une personne à l'autre.

Et dans ces cas-là, il va y avoir des financements qui vont soutenir la société et ça, je vais passer le relais à M. Da Silva.

Stéphane Da Silva, ingénieur-conseil à la Cramif

Oui, on a différentes aides financières au niveau de la Cramif pour l'Île-de-France et au niveau des Carsat. Donc on vous invite à contacter vos Carsat, voir si vous rentrez dans les critères d'éligibilité puisqu'on a différents critères.

Mais on finance des équipements dans le cadre de contrats de prévention et on finance aussi de l'ordre de 70 % les formations proposées. Donc n'hésitez pas, contactez votre Carsat, contactez la Cramif. Vous avez ici les coordonnées, on a un stand aussi et on vous guidera.

Pareil, si vous avez besoin d'une démarche aussi d'accompagnement, on a des équipes de contrôleurs de sécurité qui peuvent venir voir vos structures d'aide à domicile, voir comment déployer cette démarche ALM et vous conseiller sur les différentes formations qui sont proposées aussi bien par l'INRS, Escavie ou bien l'Hôpital Saint-Joseph qui fait aussi des formations dans ce secteur-là.

On vient vous présenter un petit peu tous ces outils pour vous accompagner et vous conseiller. N'hésitez pas, contactez-nous. J'ai mis justement les coordonnées de M. Sabathé, Mme Gayet, Mme Donyet moi-même de l'Assurance Maladie. Vous avez toutes nos coordonnées, vous pouvez nous envoyer un petit mail, on vous répondra.

On arrive à la fin. Il est 10 h, on a même dépassé d'une minute. Je voulais vous remercier... Ah on a encore une dernière question. Ensuite on est obligé de clôturer puisqu'il y a un intervenant.

Personne du public

Je suis formatrice d'élèves aide à domicile et je fais la partie ergonomie.

Pourquoi est-ce que vous déconseillez la formation gestes et postures ? Le PRAPS, effectivement, on est formé au PRAPS. Quelle est la différence entre ces 2 formations ?

Jean-Philippe Sabathé, responsable prévention à l’Hôpital Paris Saint-Joseph

Vous animez à priori une séquence qui s'appelle ergonomie. On va reprendre la définition de l'ergonomie qui est d'adapter le travail à l'homme.

La formation gestes et postures, c'est quoi ? Sa porte d'entrée, sa finalité, c'est d'adapter l'homme au travail. C'est exactement l'inverse.

Ça portait très mal son nom déjà dans les formations initiales et pas que sur les cursus que vous présentez, mais qu'on avait avant sur les aides-soignantes ou sur les auxiliaires de puériculture qui étaient déjà une séquence qui était dite "ergonomie", un module dit "ergonomie", où là, en fin de compte, on ne questionne pas le travail, on questionne la personne.

Toute la formation dans gestes et postures, elle est centrée sur la personne. Comment elle va pouvoir porter et dans cette idée illusoire de lui faire croire qu'en même temps, on va la protéger dans le portage.

En appliquant les principes de sécurité et d'économie d'effort, elle garde le dos droit, elle plie les jambes, elle est capable de porter 80 kg dans ses bras.

La réponse, évidemment, est fausse et non, par définition. Donc, c'est vrai que ce n'est absolument pas de l'ergonomie. C'est exactement l'inverse même de l'ergonomie.

C'est qu'on cible la personne, on espère transformer la personne pour qu'elle soit en capacité de pouvoir faire du levage. Alors que c'est exactement l'inverse qui est attendu.

C'est de questionner le travail et de faire en sorte que ce soit le travail qui protège la personne. Donc, la démarche est bien d'aller questionner le travail, de protéger la personne et de ne surtout pas cibler la démarche de prévention et la prévention sur la personne, en la faisant porter presque un peu la responsabilité de sa propre santé, en pensant qu'avec une bonne technique de portage, elle va pouvoir se protéger.

C'est exactement l'inverse qui est attendu par rapport à ce qui est proposé aujourd'hui et en plus avec une définition qui est fausse. En même temps, le geste et posture, ça n'a jamais été de l'ergonomie.

C'est exactement l'inverse. Je ne sais pas si j'ai répondu à votre question.

Stéphane Da Silva, ingénieur-conseil à la Cramif

Donc on est obligé de clôturer cette intervention. Merci à nos intervenants. Merci à vous tous.