À travers ce portrait, découvrez le parcours de Bérengère, sa relation au sport et au handicap, ainsi que la portée de ce défi hors norme qu'elle s'apprête à relever.
Elle n'a pas le même rapport au sol que les autres. Chaque kilomètre se gagne autrement, avec les bras, la tête et une équipe qui ne lâche jamais. En 2026, Bérengère va traverser le désert marocain lors du Marathon des Sables. Avec un fauteuil adapté, avec trois coéquipiers et avec une conviction : le handicap n’est pas une barrière.
En quelques mots, qui êtes-vous et quel est votre rapport au sport ?
Je suis Bérengère, j'ai 39 ans. Je suis cadre en invalidité, atteinte de deux maladies invalidantes. Et mon rapport au sport, du coup, il est fluctuant. Ça fait 20 ans que je suis atteinte de ces pathologies. Avant, j'étais quelqu'un de très sportive. Et puis, j'ai découvert le besoin d'écouter mon corps avec le handicap et d'adapter ma pratique du sport au handicap en fonction des périodes de rémission.
Comment vivez-vous votre handicap au quotidien, notamment dans la pratique sportive ?
Au quotidien, c'est quelque chose qui demande beaucoup d'adaptation, parce que ce n'est pas forcément évident, le handicap invisible. Pour les autres, c'est pour nous de rester souriant, de rester valide aux yeux de tout le monde, et puis finalement de vivre aussi avec ces douleurs et ces contraintes derrière dans notre quotidien. Et dans la pratique du sport, c'est un peu la même chose, c'est de se dire, même si mon corps aujourd'hui est un peu fatigué, parfois on a tendance à le pousser. Il y a des jours, ça se passe bien, il y a des jours, ça se passe moins bien. Mais on a aussi envie d'avoir cette vie de liberté. qui nous manque parfois à cause du handicap.
Comment est né ce projet ? Qu'est-ce que le Marathon des Sables représente pour vous ?
Alors, comment il est né ? Il est né d'une année 2025 médicalement très compliquée, très, très difficile, surtout sur la fin d'année, et du coup, d'un ami qui m'envoie un texto avec le lien du Marathon des Sables Handi, et qui m'envoie « ça te dit ? ». Et ça me dit, je me dis c'est impossible, une épreuve comme ça, pour moi, vu mon état de santé, pas possible. Et puis finalement, je lis, je me renseigne, l'équipe, on échange, et puis on se lance, parce que le Marathon des Sables, c'est quelque chose d'extraordinaire, c'est quelque chose de très humain. C'est quatre jours de vie entre nous, avec l'équipe, avec d'autres coureurs, en autosuffisance, dans le désert. Et puis c'est un peu le défi d'une vie, finalement, quelque chose où je me dis, seule, j'y arriverai pas, mais avec eux, je peux le faire.
Comment se passe la préparation ?
Quels sont les défis les plus exigeants ? Eh bien la préparation, c'est un peu plus compliqué que ce que je pensais. Je me suis dit, moi finalement, je vais être dans le fauteuil et puis je vais avoir trois coéquipiers qui poussent, qui tirent et qui vont y aller. Mais finalement, pour moi aussi, c'est difficile. C'est après une lourde opération, la reprise de la kiné, la reprise du sport, l'écoute de mon corps avec des jours oui et des jours où c'est non. Donc des jours d'appréhension de comment ça va se passer et puis des jours de confiance et de... d'enthousiasme.
Qu'est-ce que votre équipe vous apporte dans ce projet ?
L'équipe, c'est un peu tout. Finalement, dans ce projet-là, on est une personne. C'est des gens que je trouve extraordinaires parce qu'ils pourraient le faire seuls. Cette aventure, ils pourraient la vivre. Et finalement, là, c'est l'union de valides et d'invalides qui vont vivre ensemble quelque chose d'extraordinaire. Pour moi, c'est trois hommes qui ont une bonté d'âme assez exceptionnelle. Je suis ravie de partager ça avec eux.
Quel message souhaitez-vous transmettre avec ce projet ?
C'est un message d'inclusion, c'est un message d'unité, c'est un message de dire que les valides et les invalides, on ne vit pas dans deux mondes parallèles, mais on vit ensemble et grâce à cette union, on peut faire des choses qui nous paraissent parfois impossibles. C'est vraiment un dépassement de soi via la solidarité.
Le Marathon des Sables, c'est des centaines de kilomètres dans un des déserts les plus hostiles du monde. Nous sommes là pour accompagner chacun dans les épreuves du quotidien comme dans les défis qui semblent impossibles.
Bérengère a choisi de repousser ses limites. Nous avons choisi d'être à ses côtés.
Parce que soutenir ceux qui osent malgré les difficultés, c'est aussi notre mission.